Le saviez-vous ? Des plantes aux vertus colorantes ont élu domicile aux jardins : Anthémis des teinturiers, Mélisse, Soucis… Communément appelées plantes tinctoriales, celles-ci permettent de teindre des tissus en fibres d’origine animale comme végétale.
La teinture végétale est utilisée depuis des millénaires, en effet, elle est attestée dès le néolithique. C’est un savoir-faire qui s’est enrichi et développé au fil des siècles puisqu’il apparaît, jusqu’au XIXe siècle, comme la meilleure manière de colorer les tissus. Découvrons quelques-unes des plantes qui occupent le jardin des couleurs.

La Garance (Rubia tinctorum) est cultivée au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen depuis l’Antiquité. C’est une herbacée vivace dont les longues racines ramifiées donnent la teinture rouge. Dans la région, elle trouve facilement refuge dans les murs. On lui donne le surnom de « plante voyageuse » car elle s’accroche à tout ce qui passe : vêtements, pattes d’animaux…

La Gaude (Reseda luteola) est l’une des principales plantes tinctoriales du jaune. Cette herbacée est bisannuelle : son cycle de vie est de deux ans. Abondamment cultivée pendant l’Antiquité et le Moyen-Age, elle est particulièrement présente en Europe (Angleterre, France, Belgique).

Le Pastel (Isatis tinctoria), également appelé « Guède », est une plante bisannuelle. Originaire du pourtour méditerranéen, sa culture s’est répandue dans de nombreux pays jusqu’au XIXe siècle, époque à partir de laquelle l’indigo l’a fortement concurrencé. En France, une des grandes régions productrices du pastel est le Midi ou « Pays de cocagne » (Toulouse, Albi, Carcassonne). Cette expression vient des boules de cocagne, formées à partir des feuilles écrasées de la plante mélangées à de l’eau. Les boules sont, par la suite, plongées dans un bain pour que les pigments puissent s’accrocher. Au moment du séchage, il se produit un phénomène d’oxydation : la teinture, alors verte, devient bleue au contact de l’air.

 

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